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Qu'est ce qu'une aire protégée ?


Voir la rubrique «  Qu'est ce qu'une aire protégée  » dans l'onglet « AP par thème » de la page d'accueil.

Pourquoi les protéger ?

Les raisons pour protéger des territoires naturels sont nombreuses et variées. Un des éléments fondamental est le caractère représentatif pour la biodiversité. Il faudrait qu'au moins un échantillon typique de chaque composante de la diversité de la nature (flore, écosystème, faune, paysage) puisse être à l'abri de la destruction et soit capable de se perpétuer par lui-même dans toute sa complexité.

 

De plus, les aires protégées jouent un rôle scientifique important : elles sont des échantillons témoins de l'évolution naturelle d'écosystèmes exempts d'interventions humaines majeures. Elles nous montrent comment évolue la nature lorsqu'elle n'est pas perturbée par des activités industrielles et peuvent donc nous aider à évaluer les impacts que nos pratiques ont ailleurs sur le territoire et à en corriger les défauts.

Quelles sont les règles ?

Toute activité industrielle (coupe forestière, exploration et exploitation minière, développement énergétique) est généralement interdite dans une aire protégée alors que les grands processus naturels tels que les feux de forêt, les inondations et les épidémies peuvent y suivre leurs cours. Les activités de plein air et de prélèvement faunique y sont maintenues ou non, selon le statut attribué à l'aire protégée.

Néanmoins, les aires protégées occupent souvent des espaces convoités par de nombreux acteurs, des populations locales aux Etats en passant par le secteur privé. Certains entendent y tracer des routes, y construire des villes, des ports, y installer des industries forestières, minières et pétrolières. Elles sont soumises à de fortes pressions et menaces.

Le rôle de l'UICN

Depuis plus d'un quart de siècle, l'UICN, par le truchement de sa commission mondiale des aires protégées (CMAP), donne des orientations dans le monde entier pour le classement les aires protégées tout en sensibilisant les gouvernements sur l'importance des aires protégées et les encourageant à établir des réseaux d'aires protégées.

Quel est le but de la Convention sur la diversité biologique ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB) vise à assurer la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments constitutifs et le partage juste et équitable des avantages qui découlent de l'utilisation des ressources génétiques. Elle affirme que les États ont le droit souverain d'exploiter leurs ressources biologiques selon leur politique d'environnement. Elle reconnaît que la conservation de la biodiversité est une « préoccupation commune de l'humanité » et qu'elle fait partie intégrante du processus de développement.

Les parties ont pour obligation la coopération technique et scientifique, l'élaboration de stratégies portant sur conservation in et ex situ et l'utilisation durable de la diversité biologique, l'adoption de mesures d'incitation, d'études d'impact et de réduction des effets nocifs, l'identification et la surveillance de la diversité biologique, la mise en place d'actions d'éducation de sensibilisation du public, le transfert de technologie, l'échange d'informations, la réalisation de programmes de recherche et de formation en tenant compte des besoins particuliers des pays en développement.

Lors de la COP7, à Kuala Lumpur en 2004, les parties ont adopté un programme de travail sur les aires protégées dans le but d'assurer la création et le maintien, d'ici 2010 pour les zones terrestres et d'ici 2012 pour les zones marines, de systèmes nationaux et régionaux d'aires protégées complets, bien gérés et écologiquement représentatifs, qui concourent ensemble par un réseau mondial à atteindre les objectifs de la Convention.

Les 17 pays d'Afrique de l'Ouest ont ratifié la convention sur la diversité biologique.

Pour en savoir plus : http://www.cbd.int/convention/ et le guide (en français) de la 9ème conférence des parties à la convention élaboré par l'IEPF.

Qu'est ce que la Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles?

Cette convention, élaborée à Alger en 1968, est la seule convention régionale africaine de portée générale en matière de protection de la nature et des ressources naturelles. Son principe fondamental, défini en son article II, stipule que: « Les Etats contractants s'engagent à prendre les mesures nécessaires pour assurer la conservation, l'utilisation et le développement des sols, des eaux, de la flore et des ressources de la faune en se fondant sur des principes scientifiques et en prenant en compte les intérêts majeurs de la population ». Cette convention est fondatrice de nombreux dispositifs d'aires protégées en Afrique de l'Ouest.?L'entrée en vigueur de cette convention a rendu caduque la convention de Londres de 1933 relative à la conservation de la faune et de la flore à l'état naturel.?La convention a été révisée à Maputo en 11 juillet 2003.

Selon le texte révisé, dans le domaine des aires protégées, les Parties s'engagent à :

1. créer, maintenir et, si besoin, agrandir les aires de conservation [.] afin:

a) de conserver les écosystèmes les plus représentatifs et, spécialement, ceux qui sont particuliers à des zones relevant de leur juridiction, ou qui sont caractérisés par une diversité biologique importante;

b) d'assurer la conservation de toutes les espèces et plus particulièrement, de celles

i) qui ne sont représentées que dans des zones relevant de leur juridiction;

ii)qui sont menacées ou qui présentent une valeur scientifique ou esthétique spéciale;

et des habitats critiques à leur survie.

 2. favoriser l'établissement par les communautés locales d'aires gérées par elles principalement aux fins de la conservation et de l'utilisation durable de ressources naturelles.

3. réglementer les activités qui, bien qu'entreprises en dehors des aires de conservation compromettent la réalisation des objectifs pour lesquels ces aires ont été créées, et établissent à cette fin des zones tampons autour de telles aires.

Le texte révisé reconnaît les différentes catégories d'aires protégées : il est basé sur les catégories de l'UICN.

Pour en savoir plus :

- le texte originel de la convention et le texte révisé
- p
arties du texte originel  : Algérie (05/02/1983), Burkina Faso (16/08/1969), Cameroun (18/07/1977), Rep Centrafrique. (16/03/1970), Côte d'Ivoire (15/01/1969), Comores (18/03/2004), Congo (04/04/1981), Djibouti (11/04/1978), Rep démocratique du Congo (29/05/1976), Egypte (06/03/1972), Gabon (09/05/1988), Ghana (17/05/1969), Kenya (12/05/1969), Liberia (21/09/78), Madagascar (02/09/71), Mali (03/06/74), Malawi (06/03/73) Mozambique (28/02/1981), Nigeria (02/04/1974), Niger (10/01/1970), Rwanda (19/11/1979), Sénégal (03/02/1972), Seychelles (31/08/1977), Soudan (09/10/1973) Swaziland (25/03/1969), Tanzanie (07/09/1974), Togo (24/10/1979), Tunisie (21/12/1976), Ouganda (15/11/1977), Zambie (29/03/1972).

Les parties au texte révisé  : Burundi (14/05/2007), Comores (02/04/2004), Ghana (13/06/2007), Lesotho (26/10/2004) Libye (04/06/2006), Mali (13/01/2005) Niger (11/10/2006), Rwanda (25/06/2004).

Qu'est ce que la convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (WACAF) ?

La Convention d'Abidjan est un accord cadre juridique régional qui fournit des actions de coopération nationale et régionale sur la protection et la mise en valeur des zones marines et côtières de la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (et a été étendu jusqu'à l'Afrique du Sud).  Elle est née de la nécessité d'adopter une approche régionale pour la prévention, la réduction et la lutte contre la pollution du milieu marin, des eaux côtières et des eaux fluviales connexes de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. La Convention fait également provision pour la collaboration scientifique et technologique (y compris l'échange d'informations et d'expertises) pour l'identification et la gestion des questions environnementales (ex. dans la lutte contre la pollution en cas d'urgence).

Elle concerne 22 pays et couvre une zone côtière qui dépasse 14 000 km de long (Mauritanie - Afrique du Sud), avec 3 écosystèmes distincts et notamment, les Grands Ecosystèmes Marins (GEM) des Courants du Benguela, de la Guinée et du Canari.

Elle a été adoptée en 1981 à Abidjan et est entrée en vigueur en 1984. Ses principales dispositions devraient être assorties de protocoles relatifs à leur application. Le seul protocole adopté à ce jour est celui relatif à la coopération en matière de lutte contre la pollution en cas de situation critique qui a été adopté le 23 mars 1981. Le secrétariat est tenu par le PNUE. L'unité de coordination régionale est basée à Abidjan.

Concernant les AP, les Parties « s'efforcent d'établir des zones protégées, notamment des parcs et réserves, et d'interdire ou de réglementer toute activité de nature à avoir des effets néfastes sur les espèces, les écosystèmes ou le processus biologique de ces zones ».

En novembre 2007, lors de la 8 ème conférence, les parties ont décidé de revitaliser la convention pour assurer sa mise en ouvre effective et d'adopter des recommandations pour ce faire en juin 2008.

Pour en savoir plus :

- le texte de la convention
- parties à la convention  : Afrique du Sud (16 May 2002), Benin (17 Oct. 1997), Cameroun (1 Mar. 1983), Cap Vert (15 Jan. 1982), Congo (19 Dec. 1987), Cote d'Ivoire, Gabon (13 Dec. 1988), Gambie (6 Dec. 1984), Ghana (20 July 1989), Guinée (4 Mar. 1982), Liberia (22 Mar. 2005), Nigeria (6 Juin 1984), Sénégal (10 May 1983), Sierra Leone (7 Juin 2005), Togo (16 Nov. 1983).

 

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